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Faire preuve de sagesse, un conseil obsolète ?

Par Dorothee Fatehi 16 octobre 2018
Dorothée Fatehi conseils bien-être et sagesse

En tant que grands sages, êtes-vous plutôt « carpe diem » ou « momento mori » ?

Autrement dit : êtes-vous plutôt du genre à profiter uniquement de l’instant présent, ou bien à vivre obsédés par ce principe qui nous rappelle qu’un jour, nous allons mourir, et qu’ainsi, il nous faut absolument et souvent y penser ? (Pourquoi il le faut, en revanche, ce n’est pas bien clair…) Alors oui, pardon, ce n’est pas franchement une introduction joyeuse. Mais bon, vous êtes grands maintenant. Vous pouvez affronter certaines réalités. Le Père Noël, la petite souris, et puis ma foi… la mort. Ce n’est pas si grave, en tout cas, si on a pris le temps d’y penser un peu avant qu’elle ne surgisse !

Quant à ces deux concepts latins, ils pourraient induire une légère opposition, je vous l’accorde. On dirait en tout cas, qu’il faut choisir son camp : « soit je profite/ soit je rumine », et que seule la deuxième option s’apparente à la sagesse. Mais, est-ce juste de penser cela ?

Deux options, un équilibre.

Personnellement, je choisis de les mélanger, car ils forment ensemble un très beau couple, et leurs enfants s’appellent Sagesse et Équilibre.

Nous avons, presque tous en France, appris avec l’illustre Jean de La Fontaine, que celui qui n’a pensé qu’à chanter tout l’été, s’en est trouvé « fort dépourvu, quand la bise fut venue. » Si je voulais rendre ce concept, pourtant suffisamment clair et bien énoncé, un peu plus amusant et sinueux, je dirais : que puisque demain sera à un moment aujourd’hui, pour profiter du futur lorsque celui-ci sera présent, il faut bien chaque jour le préparer, non ?

En revanche, je vous laisse passer une journée avec une personne qui ne pense qu’à la mort qui peut survenir à n’importe quel moment, qui ne parle que de cela, et la craint, vous m’en donnerez des nouvelles. Je doute que vous trouviez l’expérience ragoûtante.

Ainsi donc, sans partir dans un essai philosophique, c’est à dire, en gagnant 4 pages parce-que vous êtes intelligents, je pense que nous pouvons convenir, que le subtil mélange des deux modes de vie reste le meilleur alliage possible.

Une vie, du sens.

Puisqu’un jour, nous ne serons plus de ce monde, il faut que notre présent compte et qu’il participe à la création d’un futur meilleur. N’est-ce pas ? Je veux dire, j’adore les pots de fleurs, je ne les critique pas, je préfère le préciser, mais j’espère sincèrement que ma vie humaine, comptera plus qu’un géranium sur un rebord de fenêtre. Aussi charmante soit l’image.

Comme mon temps est limité, si je ne pense qu’à mon profit personnel, il est sûr que je ne laisserai pas un héritage fabuleux à mes descendants. Ne parlons pas de l’exemple. Mais, si je réalise combien le temps est compté et combien la vie est faite de précieux moments éphémères, je vais tâcher de les apprécier à leur juste valeur. Il est aussi probable que je tenterai de transmettre cela autour de moi. Plus loin encore, je vais certainement m’appliquer à donner du sens à chacune de mes journées, au lieu de les subir, complètement amorphe.

Un sens à ma vie ? Cela induit un chemin à emprunter…

User de sagesse, ne parait pas être un concept super rebelle, ni franchement à la mode. Cela se rattache trop souvent aux injonctions de l’enfance : « Sois sage, ne bouge pas. » Or, la sagesse, telle que nous la voyons ici, est plutôt un outil pour cheminer. Elle invite au mouvement avec une prudence qui n’est pas paralysante, mais au contraire intelligente, agile, motivée et motivante. Le tout, en nous évitant les chutes mortelles. Elle nous rend capable de nous remettre en question, de nous adapter à notre monde. Enfin, elle nous permet de réaliser combien la vie est courte et donc précieuse. Nous apprenons en conséquence, à chasser les distractions futiles, pour accorder du temps à ce (et ceux) qui compte(nt) vraiment.

Cela ne veut pas dire qu’on ne fait rien de nouveau, d’inattendu. Ni, que l’on ne s’amuse pas et que l’on ne rigole jamais. Cela signifie simplement que l’on sait faire la différence entre les moments de détentes et les moments d’efforts. Car, ce qui plus que tout, est d’être impliqué dans ce que l’on fait, quoi que l’on fasse ! Il y a des gens qui voudraient s’amuser tout le temps, à n’importe quel prix. Au prix de leur vie parfois, en tout cas, de leur futur, bien souvent. Et puis il y a ceux qui confondent sagesse et frigidité, pardon, rigidité. Une vie de travail, de labeur, pour partir…riche ? Avec un bon point ? À quoi cela sert-il ?

Les excès ne sont jamais bons.

La sagesse est l’équilibre qui nous incite à rechercher un sens profond à notre existence, tout en nous invitant à la contemplation, à la jouissance du moment et du monde. En usant de sagesse, nous endossons notre responsabilité à bien disposer du temps qu’il nous a été accordé de vivre. Et bien disposer de ce temps équivaut à être heureux. Nous pouvons donc nous accorder sur le fait que la sagesse est assurément un des chemins qui menant au bien-être quotidien.

En conclusion, pour être heureux, soyons sages.

Êtes-vous d’accord avec cela ?

Dorothée.

 

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